Financement participatif et numérisation ?

La communication des établissements culturels a évolué ces cinq dernières années. La reprise des codes de notre société actuelle est en plein développement. Les réseaux sociaux deviennent de véritables outils pour garder le lien avec certains types de publics ou pour en conquérir d’autres. Nous avons vu également fleurir à ce même titre des projets de mécénat participatif : à l’heure des coupes budgétaires et des réductions de personnels, certains projets ambitieux ne peuvent plus voir le jour sans une aide extérieure. Aujourd’hui, le mécénat se veut de plus en plus « participatif » : tout le public peut alors financer un projet en particulier qui lui tient particulièrement à cœur. Dans le secteur culturel, ce sont les campagnes de restauration qui ont d’abord fleuri sur internet : châteaux, églises, tableaux, sculptures…Les appels à participation communiquent sur le sauvetage de notre passé immobilier et mobilier à préserver. Le site Dartagnans est par exemple entièrement dédié au mécénat participatif du patrimoine culturel -moyennant une commission-. Des sites plus généralistes comme Commeon héberge également des projets sur la valorisation et la conservation du patrimoine culturel ainsi qu’Ullule dans une moindre mesure.

Pourquoi vous parler de ces histoires ? Car il y a peu de temps, plusieurs projets de numérisation ont fait leur apparition. La French Lines -Association ayant pour objet la sauvegarde, la conservation et la valorisation de l’histoire et du patrimoine des compagnies maritimes- et l’établissement public SupAgro de Montpellier ont lancé une campagne participative à la rentrée 2017. Tous les deux ont l’ambition d’un projet hors-norme pour leur structure :

  • ici la création de A à Z d’un portail des collections en incluant leur numérisation complète pour l’association French Lines
  • ici la numérisation de la totalité du fonds documentaire de ce patrimoine viticole

L’échantillon de ces projets est mince mais il démontre à lui seul que la réflexion du financement des projets de numérisation pourrait bien évoluer. Ce type de mécénat demande un travail de communication important et des outils adaptés sans obligation de réussite. Néanmoins, envisager et essayer de nouveaux modèles de soutien économique est une première pierre pour ne pas s’avouer vaincu face au manque budgétaire, pour continuer de construire des projets de conservation et de valorisation du patrimoine.